Les Princes de la Ville : quand le hip-hop devient un espace d’expression et d’émancipation
Du 10 avril au 4 mai 2025, La Fabrique – Made in Bagnolet a accueilli l’exposition Les Princes de la Ville, un projet d’éducation artistique et culturelle mené par l’artiste visuelle Claire Courdavault avec les élèves du dispositif ULIS du collège Georges Politzer de Bagnolet. Réalisé en partenariat avec Citoyenneté Jeunesse et La Fabrique – Made in Bagnolet, ce projet s’inscrit dans le cadre du dispositif « La Culture et l’Art au Collège », initié par le Département de la Seine-Saint-Denis.
Pensé comme un projet de territoire, Les Princes de la Ville invite les élèves à se constituer en tribu hip-hop, en explorant les codes de cette culture comme leviers d’expression, de fierté et de reconnaissance. Le hip-hop est ici envisagé comme un langage visuel et corporel, mais aussi comme une manière de se raconter, de se positionner et de prendre place dans l’espace collectif.
Se raconter autrement
À la croisée du dessin, de la customisation textile et de la photographie, les élèves ont imaginé leur alter ego hip-hop. Ils ont inventé leur blaze, travaillé une identité visuelle, conçu des vêtements et des accessoires inspirés du streetwear, expérimenté des postures corporelles et participé à un shooting photographique final. Chaque étape du projet a permis d’explorer la question de l’identité, à la fois individuelle et collective, dans un cadre bienveillant et exigeant.
Pour Claire Courdavault, dont le travail interroge la représentation de soi et des autres, l’adolescence est un moment clé où l’identité se construit, se négocie et se transforme. En s’appropriant les codes du hip-hop – culture de l’affirmation, de la solidarité et du geste partagé – les élèves ont trouvé une manière artistique et joyeuse de dire qui ils sont, et comment ils souhaitent être regardés.
Une pratique artistique tournée vers la transmission
Artiste habituée à investir l’espace public, Claire Courdavault développe une pratique du dessin qui se déploie du papier aux murs de la ville, à travers des fresques, des installations et des projets participatifs. Son travail, foisonnant et minutieux, tisse des récits où se mêlent l’intime et le collectif, le sacré et le profane, la mémoire et la transformation. La transmission occupe une place centrale dans sa démarche : le dessin devient un outil d’expression, de confiance et d’émancipation.
Dans Les Princes de la Ville, elle a co-construit une œuvre collective avec les élèves, en intégrant leurs imaginaires et leurs sensibilités dans un processus de création partagé. L’exposition restitue cette aventure à travers une série de portraits, de dessins et d’objets créés par les élèves, témoins d’une métamorphose où l’image devient un moyen de reconnaissance et de prise de parole.
Donner à voir l’école inclusive
Ce projet a également fait l’objet d’un documentaire réalisé par la Délégation Académique à l’Action Culturelle (DAAC) de l’Académie de Créteil, dans le cadre d’une série consacrée à l’école inclusive. Le film met en lumière les parcours des élèves, les pratiques pédagogiques et artistiques développées pour les accompagner, et la manière dont la création artistique peut devenir un puissant levier d’expression et d’apprentissage.
Direction : Principale du collège Georges Politzer de Bagnolet : Nicole Darquier
Équipe pédagogique du collège Georges Politzer de Bagnolet et de l’IME Bernadette Coursol : Déborah Chicheportiche, Frédérique Duchemin, Anne Vanière, Marie Jacquemin
Intervenante principale : Claire Courdavault
Intervenante chorégraphe : Malka Amekpom-Zloto
Le projet est réalisé en partenariat avec l’association Citoyenneté Jeunesse et La Fabrique – Made in Bagnolet, dans le cadre du dispositif « La Culture et l’Art au Collège », initié par le Département de la Seine-Saint-Denis.
En écho à la formule de Marcel Duchamp, « c’est le regardeur qui fait le tableau », les projets Œuvres en Résidence (OER) invitent les jeunes à s’approprier l’art contemporain : à regarder les œuvres, à les interpréter, à en faire matière à récit et à création. Porté par Citoyenneté Jeunesse, en partenariat avec la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis, ce programme met en dialogue élèves, artistes et œuvres au cœur des établissements scolaires. L’édition 2024–2025 témoigne une nouvelle fois de la capacité de la création artistique à ouvrir des espaces d’expression, de pensée et de confiance, et à révéler des regards singuliers sur le monde.
La série de projets « Œuvres en résidence » (OER) est conçue comme un partage des regards, entre des collégien·ne·s et des œuvres de la collection départementale d’art contemporain. Cette mise en dialogue se fait par l’entremise :
d’un·e artiste qui présélectionne dans la collection des œuvres qui l’inspirent pour les partager avec une classe et engager les jeunes dans un processus de création autour des œuvres ;
ou d’un·e curateur·rice qui amène les élèves à concevoir leur propre exposition
En 2024/25 cinq aventures artistiques ont eu lieu en Seine-Saint-Denis. Nous vous proposons d’entrer dans la fabrique de ces regards pluriels autour des arts visuels.
« Les 4 parts d’amour» – Collège George Politzer – Bagnolet
du 6 au 21 mars 2025 – Le Château de l’Etang – Bagnolet
« Le titre de l’exposition fait référence au travail de recherche curatoriale. En effet, prenant comme point de départ le genre cinématographique de la comédie romantique, les élèves ont visionné plusieurs films, aussi cultes que plus récents, afin de décortiquer leurs schémas narratifs. La rencontre, la relation, la déception amoureuse et enfin le happy end constituent les 4 étapes classiques étudiées pendant les séances. Comprendre la segmentation du récit a aidé les élèves à sélectionner des œuvres dans le but de raconter une histoire d’amour. Totalement imaginée à partir des photographies, des peintures, des dessins visionnés au collège, puis précisée à l’aide d’ateliers d’écriture avec l’auteur Antonin Crenn, celle-ci raconte l’amour naissant d’un jeune couple, entre balade romantique à la plage et rendez-vous manqué au restaurant. En découvrant les œuvres de la collection départementale de la Seine-Saint-Denis par le prisme de la fiction (ici en l’occurrence, la fiction amoureuse), les élèves ont réussi à s’affranchir des a prioris voire de l’étrangeté ressentis parfois face à l’art contemporain. Ainsi, la série photographique 45° de Brice Bourdet a été interprété comme un moment entre le comique et le dramatique, représentant l’instant des retrouvailles. Ou encore, la série Intrigues végétales de Martine Aballéa a servi à bien distinguer les chapitres de l’exposition tout en évoquant le romantisme du récit. Également, la série de dessins d’Anne Rochette 13 feuilles du carnet rouge a permis de symboliser, par leurs abstractions, les différentes émotions éprouvées par les deux protagonistes tout en sous-entendant, par leurs plasticités, l’intimité de ces sentiments. Le parcours culturel, comprenant des spectacles et des visites d’expositions, a aidé les élèves à mieux appréhender la thématique comme lors de l’atelier sur le discours amoureux à la cinémathèque de Paris ; mais surtout à mieux comprendre la méthode curatoriale de « l’exposition-fiction », notamment en visitant l’exposition Faits divers – Une hypothèse en 26 lettres, 5 équations et aucune réponse au MAC VAL, qui consiste à penser un deuxième niveau de lecture des œuvres pour plonger les visiteur·euses dans une fiction. »
C’est une phrase du quotidien, une expression furtive que l’on se chuchote entre ami·es, entre complices, pour dire ce que l’on ne peut pas ou que l’on ne veut pas formuler tout haut. TMTC, c’est une manière d’évoquer l’intime sans l’exposer, de parler d’un vécu en s’abritant derrière un clin d’œil partagé. Une exposition sur l’amour, ses formes, ses contradictions, ses blessures, ses métamorphoses. Une exposition qui prend appui sur des œuvres issues de la collection départementale de la Seine-Saint- Denis, dans le cadre du dispositif La culture et l’art au collège. TMTC, c’est ce que l’on ressent sans toujours le dire. Ce titre évoque l’implicite, les sentiments partagés sans être nommés. À travers ce projet, les élèves confrontent leurs représentations à celles des artistes, questionnent les normes, racontent ce qui échappe aux discours. L’exposition devient un espace de dialogue, de création collective et d’émancipation, à hauteur d’adolescents. Entre poésie et engagement, une tentative de dire l’amour au présent. Séduction, alchimie, intimité, stéréotypes de genre, vivre ensemble, altérité : les œuvres choisies ouvrent le débat. L’amour y est désir, fusion, lutte, jeu de masques, lien aux autres et à soi. En tant qu’artiste plasticien engagé dans une pratique collaborative et transversale, j’ai proposé aux élèves de partir d’œuvres existantes pour initier une réflexion personnelle et collective. Dans certaines œuvres sélectionnées, comme l’œuvre « tente-refuge » de Lucie Orta, l’intime devient politique, en permettant d’aborder la question du regard : comment est-on perçu quand on sort des normes, et comment peut-on se réapproprier son image, son histoire, ses désirs comme ceux de Sarah dans l’œuvre de Juliette Saint-Sardos ? Il ne s’agit pas d’atteindre une vérité unique sur l’amour, mais de révéler une pluralité de récits, de regards, de sensibilités. Ce que l’on voit dans l’exposition, ce sont des fragments d’émotions, des interrogations sincères, des tentatives de dire l’indicible. On y devine l’amour sous toutes ses formes : comme lien, comme tension, comme projection, comme utopie d’un monde en mutation, perceptible chez Vanessa Fanuele ou encore chez Hélène Delprat. TMTC est finalement une façon de dire que les choses importantes ne s’expliquent pas toujours, mais qu’elles se vivent, se ressentent et se partagent.
Les élèves de la classe d’UPEAA du collège Elsa Triolet de Saint-Denis
Artiste – plasticien : Michel Jocaille
Chargée de projets : Nina Villaume
Enseignant.e.s: Mme Médina
« L’infinité de milieux »– Collège Jean Jaurès – Montfermeil
du 25 mars au 4 avril 2025 – Médiathèque du petit Prince – Montfermeil
« Tout a commencé par une image. Celle-ci figurait un lieu étrangement commun. Cette photographie de Marie Gandois pouvait renvoyer avec cette lumière artificielle qui ménage en même temps une pénombre, à un vestiaire, un gymnase, un hôpital, une école. Un espace liminal, un espace d’entre-deux que les collégiens de 5e6 du Collège Jean Jaurès de Montfermeil ont pressenti comme à la fois familier et légèrement inquiétant. Au travers d’ateliers d’écriture à partir d’œuvres de la collection départementale de Seine-Saint-Denis, ils ont peu à peu imaginé un parcours, une succession de niveaux entre lesquels ils pouvaient circuler, comme dans un jeu vidéo. Penser la circulation entre les œuvres, avec les émotions que cela implique, a été l’objet de nombreuses discussions. Quel est le point de bascule vers le fantastique ? Les œuvres choisies avec les différents points de vue et techniques qu’elles supposent, amenaient des passages à négocier lors de sessions d’édition collective où chacun et chacune pouvait amener sa phrase mais aussi faire des propositions pour donner plus de cohérence ou de mystère à l’ensemble. C’est la notion de milieu qui s’impose au moment de choisir un titre en commun. Alors que tous et toutes relèvent le caractère ambigu, presque duel, des œuvres sélectionnées en listant des couples d’opposition, le terme de milieu se dégage comme commun. C’est à la fois l’idée de l’entre-deux et celle d’un environnement ; un milieu dans lequel il serait possible d’évoluer comme le personnage d’une fiction. Un espace complexe, dense, ramifié qui est peut-être interconnecté. Le terme permet de dépasser le clivage traditionnel entre centre et périphérie et d’imaginer des circulations. A partir de ce terme d’autres apparaissent comme ceux d’infini et de vide. La notion d’infini ne va pas sans crainte. Instinctivement lescollégiens et collégiennes l’ont ressenti, choisissant sciemment d’explorer cette voie, de se mettre en danger, de proposer une exposition inquiétante, reflet d’une actualité anxiogène, d’un monde devenu oppressant depuis les confinements. La figure humaine n’apparaît que lointainement dans les œuvres laissant à première vue un vide, proposant un décadrage avec le quotidien. Percevoir autrement le vide a été l’un des enjeux de ce projet avec l’ambition de voir aussi ce qu’il permet, ce qu’il autorise notamment en termes de projection pour un observateur ou un joueur. »
du 3 au 14 mars 2025 – Centre Culturel Salvador Allende de Neuilly-Sur-Marne
Le projet mené par Saïda Essafiry s’est construit à partir d’une réflexion sur les mémoires post-coloniales et les savoirs longtemps marginalisés dans les récits dominants de l’art. En prenant appui sur une sélection d’œuvres de la Collection départementale d’art contemporain, les élèves ont été invités à interroger ce qui fait mémoire, héritage et culture, et à questionner les cadres à partir desquels l’art est reconnu, transmis ou invisibilisé.
À travers des parcours culturels mêlant expositions, arts visuels et arts vivants, les élèves ont développé un regard à la fois critique et sensible sur les œuvres rencontrées. L’observation attentive, le débat et l’échange ont constitué des outils essentiels pour dépasser les premières impressions et engager une lecture située des œuvres, en lien avec leurs propres expériences et histoires. Le travail s’est ainsi attaché à décloisonner le regard artistique, en faisant dialoguer références institutionnelles et récits intimes.
Certaines œuvres ont joué un rôle structurant dans cette exploration, notamment Le Roman algérien de Katia Kaméli, dont le montage d’archives et d’images a permis d’aborder la fabrique des mémoires collectives, ou encore l’installation photographique de Claire Zaniolo, qui évoque la transmission familiale à travers les gestes du quotidien. Ces références ont nourri une réflexion autour de la nature comme premier paysage transformé, espace de résistance et de projection mémorielle.
Les élèves ont ensuite traduit ces questionnements dans leurs propres productions, à travers un travail photographique et plastique mené dans les espaces naturels proches du collège. Ces images ont progressivement donné naissance à une narration collective, composée de peintures, de collages et d’objets conçus comme des artefacts hybrides, entre réalité et fiction. La scénographie finale a été pensée comme un espace de médiation, mettant en résonance les œuvres de la collection et les créations des élèves, et invitant les visiteur·euses à une lecture plurielle des mémoires contemporaines.
les élèves de 4e du collège Georges Braque de Neuilly-Sur-Marne
Artiste, plasticienne : Saïda Essafiry
Chargée de projets : Céline Gatel
Enseignant·e·s : Aurélie Ubéda (Histoire-géo), Claire Di Folco (Français)
« Battle de danse hip-hop à la rencontre de l’art contemporain – Collège Jean Jaurès – Villepinte
du du 25 novembre au 20 décembre – Salle polyvalente du collège Jean-Jaurès
Les acteur·rice·s du projet Les élèves de la classe D’ULIS du collège Jean Jaurès Artiste – Danseur : Nicolas Faubert Chargée de projets : Florence Chouaieb Enseignant.e.s: Emilie Gilles
Le programme Œuvres en Résidence se déroule dans le cadre des parcours Culture et art au collège portés par le Département de la Seine-Saint-Denis et l'association Citoyenneté Jeunesse.
Les élèves de 5ème A du collège Gustave Courbet de Romainville ont, au travers de la gravure et du dessin, porté un regard nouveau sur leur espace vécu. Accompagnés de la plasticienne Négare Emdadian, ils sont partis à la recherche des détails architecturaux au cours d’une balade : fenêtres, moulures, escaliers, textures, mobilier, ou encore pavages sont autant d’éléments témoignant du vivant qu’ils ont reproduit sur linoléum, produisant des figures abstraites. Ils y ont ensuite transposé, à la manière de l’artiste, un animal dessiné d’après photo, introduisant une nouvelle dimension, figurative, poétique.
Les œuvres des élèves ont été mises en valeur lors d’une exposition au collège.
Pour découvrir le projet dans son ensemble cliquez ici
Les acteurs du projet
Les élèves de 5ème A du collège Gustave Courbet de Romainville
Artiste : Négare Emdadian, plasticienne
Chargée de projets : Marion Seine
Enseignante : Madame Delteil
Ce projet a été conçu et mis en œuvre dans le cadre du dispositif « La Culture et l’Art au collège » initié par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis.
A travers un atelier chorégraphique, les élèves de 4ème A du collège Georges et Maï Politzer de Montreuil se sont exprimé.e.s sur la question de l’image de soi.
La Délégation Académique à l’Action Culturelle (DAAC) de l’Académie de Créteil a réalisé une série de documentaires consacrée à l’inclusion, mettant en lumière la diversité des élèves et les pratiques pédagogiques développées pour les accompagner. Ces films sont accessibles sur la chaîne DAAC Créteil.
Dans l’un des derniers épisodes, la DAAC s’est rendue à Bagnolet pour suivre Princes de la ville, un projet d’éducation artistique et culturelle mené avec des élèves issus de dispositifs ULIS et IME. À travers ce documentaire, la caméra capte les gestes, les paroles et les cheminements des élèves engagés dans un projet artistique collectif, encadré par des artistes et des professionnel·les de l’éducation.
Le film donne à voir une école inclusive en actes, où l’enseignement s’adapte aux besoins spécifiques de chaque élève et où la création artistique devient un levier d’expression, de confiance et d’apprentissage. Loin des discours théoriques, Princes de la ville montre comment les dispositifs ULIS, SEGPA et IME peuvent s’inscrire dans des projets exigeants, ambitieux et profondément humains.
Ce documentaire constitue un témoignage précieux sur les enjeux actuels de l’inclusion scolaire et sur la place essentielle de la culture dans les parcours éducatifs. Il rappelle que l’école inclusive ne se résume pas à des dispositifs, mais qu’elle se construit au quotidien, à travers des projets partagés et des regards portés autrement sur les élèves.
Le projet est réalisé en partenariat avec l’association Citoyenneté Jeunesse et La Fabrique – Made in Bagnolet, dans le cadre du dispositif « La Culture et l’Art au Collège », initié par le Département de la Seine-Saint-Denis.
Continuer la lecturePrinces de la ville : un regard sensible sur l’école inclusive
Les élèves de 3ème E du collège Jean Moulin de Montreuil se sont initié.e.s au portrait photographique dans le but de décrire leur territoire et celles et ceux qui le peuplent.
En s’appuyant sur les propos de Marcel Duchamp, « c’est le regardeur qui fait le tableau », les projets Œuvres en Résidence (OER) sont des invitations faites aux jeunes de jouir des œuvres pour ce que l’on y voit, ce que l’on peut en faire, ce que l’on veut en dire. Ce programme, initié par Citoyenneté Jeunesse en partenariat avec la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis, fait dialoguer jeunes, artistes et œuvres au cœur des établissements scolaires. L’édition 2023-2024 a une nouvelle fois mis en lumière le pouvoir de la création pour favoriser les échanges, renforcer la confiance en soi et révéler des talents insoupçonnés.
La série de projets « Œuvres en résidence » (OER) est conçue comme un partage des regards, entre des collégien·ne·s et des œuvres de la collection départementale d’art contemporain. Cette mise en dialogue se fait par l’entremise :
d’un·e artiste qui présélectionne dans la collection des œuvres qui l’inspirent pour les partager avec une classe et engager les jeunes dans un processus de création autour des œuvres ;
ou d’un·e curateur·rice qui amène les élèves à concevoir leur propre exposition
En 2023/24 cinq aventures artistiques ont eu lieu en Seine-Saint-Denis. Nous vous proposons d’entrer dans la fabrique de ces regards pluriels autour des arts visuels.
« Passage » – Collège Jean Jaurès – Villepinte
du 24 janvier au 9 février 2024 – Salle polyvalente du collège Jean Jaurès.
Cette proposition a permis aux élèves de la classe ULIS du collège Jean Jaurès à Villepinte de participer à une exploration artistique du dessin vivant, guidée par l’artiste Lucie Camous.
Lucie Camous est cofondatrice du Collectif Modèle Vivante et est engagée dans les disability studies. Elle a accompagné les élèves dans la représentation des corps en mouvement, en lien avec la transition de l’enfance à l’adolescence. L’exposition Passage a mis en lumière cette période charnière de construction identitaire, tout en questionnant les impacts de la société sur la jeunesse. À travers une sélection d’œuvres issues de la Collection d’Art contemporain de la Seine-Saint-Denis, les élèves ont proposé une exposition collective, en dialogue avec les créations d’artistes comme Jennifer Caubet, Nina Childress, et d’autres, explorant la représentation de cette période de vie en perpétuel mouvement.
« Nos Abstractions Sensibles » – Collège Henri Wallon – Aubervilliers
du 22 avril au 12 mai 2024 – POUSH – Aubervilliers
Sous la direction d’Andy Rankin, curateur indépendant, les élèves de la classe de 6ème 2 du Collège Henri Wallon à Aubervilliers ont plongé dans l’univers de l’abstraction, explorant la perception, l’imagination, et les illusions. Après avoir sélectionné intuitivement des œuvres issues d’un corpus de 120 pièces, les élèves ont participé à des exercices pratiques, des visites d’expositions et des discussions avec des artistes. Leur expérience culmina dans l’exposition Nos Abstractions Sensibles, où ils ont défendu et mis en espace une sélection d’œuvres représentant les thèmes de l’imagination, de l’illusion et de l’hallucination. Ce projet a permis aux élèves de comprendre et d’expérimenter la puissance de l’abstraction tout en redéfinissant leur propre approche de l’art.
Les élèves de 6ème 2 du Collège Henri Wallon d’Aubervilliers
Curation : Andy Rankin, curateur
Chargée de projets : Laura Ronca
Enseignant.e.s: Sophie Grappin (arts plastiques) et Benjamin Fouche (Français)
« Se Movere – Les Corps en Mouvement » – Collège Léon Jouhaux – Livry-Gargan
du 25 avril au 12 mai 2024 – Château de la Forêt – Livry-Gargan
Les élèves de 5ème SEGPA du Collège Léon Jouhaux à Livry-Gargan ont participé à l’aventure que leur a proposé Esmeralda Da Costa, plasticienne de l’image, centrée sur la photographie et le geste sportif. En explorant leur propre pratique sportive et perception personnelle, ils ont étudié les liens entre narration et corps, inspirés par des artistes de la Collection d’Art Contemporain de la Seine-Saint-Denis. Dans un studio spécialement aménagé, les élèves ont expérimenté des postures sportives devant l’objectif d’Esmeralda Da Costa, créant une série de portraits qui interrogent le « corps en mouvement ». L’exposition qui en découle présente ces portraits en dialogue avec les œuvres contemporaines, offrant une résonance entre les expressions individuelles des élèves et l’art.
Les acteur·rice·s du projet
Les élèves de 5ème SEGPA du Colège Léon Jouhaux – Livry-Gargan
« La mécanique de l’exploit – Danser les œuvres ! »Collège Fabien – Saint-Denis
du 24 mai au 25 novembre 2024 – Musée d’Art et d’Histoire Paul Eluard de Saint-Denis
Clément Aubert, danseur autodidacte, a guidé les élèves de la classe de 4ème du Collège Fabien de Saint-Denis dans un atelier chorégraphique, en lien avec l’exposition La mécanique de l’exploit au Musée d’Arts et d’Histoire Paul Eluard. Les élèves ont exploré l’art de la danse en créant et en présentant des tableaux chorégraphiques au sein du musée, tout en s’appropriant les œuvres exposées. Ce projet, réparti en plusieurs étapes, a permis aux élèves de découvrir la danse et de développer leur propre expression artistique à travers un parcours chorégraphique dans l’espace muséal.
Les élèves de la 4ème 1 Collège Fabien – Saint-Denis
Artiste : Clément Aubert, chorégraphe
Chargée de projets : Nina Villaume
Enseignant·e·s : Marion Duvignau (arts plastiques), Théo Benquet (Musique) et Jordan Sanchez-Diallo (EPS)
Le programme Œuvres en Résidence se déroule dans le cadre des parcours Culture et art au collège portés par le Département de la Seine-Saint-Denis et l'association Citoyenneté Jeunesse.
Continuer la lectureLes Jeunes à l’Œuvre ! Quand l’Art rencontre les collègiens…
Un atelier de création pour réfléchir et représenter la diversité des familles.
Comment représenter la famille ? Derrière ce mot simple et compris par tout le monde se retrouvent différentes réalités, plus ou moins larges : les parents, les beaux-parents, les frères et sœurs, peut-être des cousin.e.s, des grands-parents, des éducatrices et éducateurs, etc.
La série de projets « Œuvres en résidence » (OER) est conçue comme un partage des regards, entre des collégien·ne·s et des œuvres de la collection départementale d’art contemporain. Cette mise en dialogue se fait par l’entremise :
d’un·e artiste qui présélectionne dans la collection des œuvres qui l’inspirent pour les partager avec une classe et engager les jeunes dans un processus de création autour des œuvres ;
ou d’un·e curateur·rice qui amène les élèves à concevoir leur propre exposition
En 2022/23 cinq aventures artistiques ont eu lieu en Seine-Saint-Denis. Nous vous proposons d’entrer dans la fabrique de ces regards pluriels autour des arts visuels.
« Jeux de mains : un tour du monde des artistes » Collège Fabien – Saint-Denis
Du 13 avril au 29 mai 2023 – Musée d’art et d’histoire Paul Eluard de Saint-Denis.
Premier volet du cycle d’expositions participatives Faites vos jeux ! au Musée d’art et d’histoire Paul Eluard de Saint-Denis
L’exposition « Jeux de mains : un tour du monde des artistes » est le fruit du travail de la classe de 5ème4 du collège Fabien (Saint-Denis), qui s’est approprié le temps d’une année scolaire le métier de commissaire d’exposition dans le cadre d’un projet portant sur un thème précis : les matériaux travaillés autrefois dans les corporations médiévales, également retrouvés dans des œuvres d’art plus récentes, avec des techniques parfois similaires, parfois différentes.
Accompagnée par Andréanne Béguin, commissaire d’exposition, ainsi que par ses enseignant·e·s et le chargé de projet de l’association Citoyenneté jeunesse, la classe a œuvré ensemble à la conception et l’élaboration d’une exposition. Les séances étaient organisées par thèmes et portaient sur des métiers et des matériaux différents. En parallèle, des visites d’expositions ont nourri la réflexion. Puis, les élèves ont sélectionné au sein de la Collection Départementale de la Seine-Saint-Denis quinze œuvres, toutes uniques et différentes et les ont présentées au public du Musée d’art et d’histoire Paul Eluard.
Les élèves de 5ème 4 du collège Fabien de Saint-Denis
Commissaire d’exposition : Andréanne Béguin
Chargé de projets : Clément Tramoy
Enseignant·e·s : Marion Duvignau, Théo Benquet, Lucie Duquerty, Isabelle Baules, Audrey Bourcier et Cyril Santana
« Présent.e.s » – Collège Jean Vilar – Villetaneuse
Du 28 mars au 27 avril 2023 – Médiathèque Annie Ernaux à Villetaneuse
« Présent ! » répond l’élève qu’on appelle au début du cours. La réponse paraît simple : « Je suis présent dans la classe. » Pourtant, les œuvres réunies à la médiathèque Annie Ernaux, choisies dans la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis, interrogent cet enjeu de la présence. « Mon corps est ici, dans cet espace… » Je suis une personne en trois dimensions : un volume dans un autre volume, comme des boîtes, ou comme les lignes tracées par Jean-François Lacalmontie. Un petit être contenu dans un grand paysage… à moins que ce soit le paysage qui se déploie dans ma tête, comme l’archipel dans les ailes du papillon de Marcel Miracle ?
Si je me déplace dans le lieu, je change de point de vue et le décor se modifie (l’anamorphose proposée par Georges Rousse), les objets changent de forme (la sculpture de Tjeerd Alkema). « Je suis présent, oui, mais je ne suis pas seul » : le personnage d’Abraham Hadad se dédouble dans le miroir ; l’ombre peinte par Arni Sigurdur Sigurdsson est celle d’une personne qu’on ne peut pas voir… peut-être déjà partie ? Dans le film de Maria Thereza Alves, une voix suggère qu’un personnage hante le décor brumeux… Qui sont ces présences qui nous accompagnent ?
Le collage d’Ernest Pignon-Ernest rappelle le fantôme de ceux qui ont habité nos lieux familiers, avant nous : les absents ne sont-ils pas présents, à leur manière, si l’on se souvient d’eux ? Et les personnages de fiction, ne vivent-ils pas avec nous, dans l’espace de nos imaginaires ? On fait semblant, on invente des histoires.
« Et si… ? » Les reconstitutions d’Édouard Levé proposent des gestes décalés, en-dehors de leur lieu habituel, comme un mime. Quant à Philippe Ramette, c’est le décor tout entier qu’il transforme en terrain de jeu.
Les élèves de 5ème du collège Jean-Vilar, accompagnés par l’écrivain Antonin Crenn, ont exploré les mêmes questions que ces artistes. Leurs récits et leurs poèmes, leurs souvenirs et leurs désirs, leurs histoires fantastiques, sont venus cohabiter avec l’exposition pour dialoguer avec les œuvres… et répondre, à leur tour : « Présent·e·s ! »
du 11 mai au 21 mai 2022 – Parc départemental de la Poudrerie
La chorégraphe Anne Guillemin danse in situ dans l’espace urbain. Elle souligne par ses chorégraphies les lignes, les rythmes, les chemins etc. qui le composent et propose une manière plus poétique de le regarder, de l’investir. A l’occasion de sa participation au programme Œuvres en résidence, Anne Guillemin a sélectionné dans la Collection départementale d’art contemporain des œuvres photographiques qui font écho à son travail. Par le choix du cadre, la mise en scène ou le montage, ces œuvres présentent l’espace sous un jour nouveau, souvent en décalage avec notre pratique quotidienne.
A ses côtés, les élèves de 6ème du collège Camille Claudel de Villepinte, accompagné·e·s de leurs enseignant·e·s et de l’association Citoyenneté jeunesse, ont exploré le territoire du collège et ses environs à la manière des artistes de l’exposition. Choisir un cadrage, tracer un cadre, souligner l’architecture, positionner son corps, etc. sont autant d’exercices que les élèves ont pu découvrir au fil des ateliers, toujours en lien avec les œuvres de la Collection. De ce dialogue entre la photographie et la danse sont nées de nouvelles photographies, mais aussi une vidéodanse et une performance dansée.
Enseignant·e·s : Marina Hoisnard, Alban Gohaud, Jacques Suaire et Noémie Baillet
« La trace des origines » – Collège Anatole France– Les Pavillons-sous-Bois
Du 11 mars au 2 avril 2023 – Espace des arts de Pavillons-Sous-Bois
Après plusieurs mois aux côtés du duo de commissaires d’exposition Sarah Nasla & Margot Rouas, les élèves de la 3ème 3 du Collège Anatole France ont présenté l’exposition « La trace des origines » à l’Espace des Arts. Les élèves sont parti·e·s à la découverte d’une sélection de photographies de la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis et sont devenu·e·s, le temps d’un projet des apprenti·e·s commissaires d’expositions. En explorant la thématique des diasporas les élèves ont choisi de montrer certaines œuvres photographiques en les regroupant autour de trois thèmes : Se représenter – Se projeter et Rêver Ils·elles sont parti·e·s de leur expérience personnelle des réalités plurielles pour questionner ce terme.
Que sont les diasporas ? Le mot lui-même est au premier abord un peu flou. Et c’est bien là tout l’enjeu du projet : comment traiter un sujet aux réalités multiples et complexes sans le réduire à une définition figée ? Pour ce faire, les élèves ont été invité·e·s à aborder le sujet de différentes manières : par la discussion, la découverte et l’analyse d’œuvres. Mais aussi en allant à la rencontre d’artistes et de propositions artistiques (spectacles, lieux culturels) qui portent un regard sur les liens affectifs, culturels, économiques ou politiques que l’on peut entretenir avec un pays qui n’est pas celui dans lequel on vit. Ces liens sont tantôt réellement présents au quotidien, vécus et partagés, tantôt niés, oubliés, imaginés voire même rendus “exotiques” au point de prendre la forme d’un ailleurs fantasmé.
Parler des diasporas, c’est aussi parler de la manière de les représenter. Comment en effet parler de telle ou telle diaspora autrement que par des stéréotypes, des lieux communs ? Et comment en explorer, plutôt, la richesse et la pluralité ? Par ailleurs, comment (se) raconter et se réapproprier des histoires collectives ou personnelles liées à l’immigration ? Les acteur·rice·s du projet :
Les élèves de 3ème3 du collège Anatole France – Les Pavillons-Sous-Bois
Commissaires d’exposition : Sarah Nasla & Margot Rouas
Chargé de projets : Clément Tramoy
Enseignant·e·s : Stéphanie Jarrad, Laure Fagny et Pierre-Olivier Balu,
« Le récit des corps » – Collège Jean-Baptiste Corot- Le Raincy
du 10 novembre au 13 décembre 2022 – Salle Polyvalente du collège
La plasticienne Tereza Lochmann a accompagné les élèves de 6ème3 du collège Jean Baptiste Corot dans l’exploration sensible du lien qu’il y a entre le corps et la narration.
L’exposition « Récit des corps » met en dialogue des œuvres de la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis avec des productions plastiques réalisées par les élèves.
À partir d’une présélection d’œuvres de la Collection départementale centrée sur les représentations du corps humain et animal, les élèves se sont interrogé·e·s sur les imaginaires et les récits que ces images convoquent. Comment retranscrire les émotions suscitées par les corps représentés par Anne Rochette, Glen Baxter, Lulu Larsen, Frédérique Loutz, Fréderic Bruly Bouabré ? Que ressent-on face à ces tableaux ? Évoquant tour à tour le plaisir, la découverte, le mouvement…
Tereza Lochmann a invité les jeunes collégien·ne·s à imaginer et raconter une suite aux œuvres présentées en utilisant trois techniques à la base de sa pratique : le dessin, la gravure et l’aquarelle .
L’exposition réunissait la sélection des œuvres de la Collection départementale qui a inspiré les élèves et leurs productions réalisées en atelier.
Le programme Œuvres en Résidence se déroule dans le cadre des parcours Culture et art au collège portés par le Département de la Seine-Saint-Denis et l'association Citoyenneté Jeunesse.